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L'apostilleur

Ne pas rire (se moquer), ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre (Spinoza)

La conscience, pendant la vie après la mort, de Platon… au CNRS.

 

Des philosophes et d’éminents croyants, cherchent un sens à la conscience depuis plus de deux mille ans. Après les exégèses des intellectuels intéressés par les sources de la conscience, des médecins livrent leurs observations et des scientifiques osent une explication au détour de modèles mathématiques.

Le chemin qui conduit à l’explication de la conscience suit un dédale de réflexions philosophiques, religieuses ou scientifiques qui tentent de la caractériser. Partant de la même question, elles conduisent invariablement à des culs-de-sac intellectifs; des réflexions impossibles à contredire ou à valider. Ignorant tout de cette « matière » intellectuelle insaisissable, les hommes poursuivent obstinément leur quête.

Les premières civilisations différenciaient le corps et l’âme pour prolonger la vie. Les égyptiens croyaient que le « souffle de vie »  (l’âme), qu’ils situaient dans le cœur,  se séparait du corps et pouvait y revenir. Les indouistes distinguent aussi l’âme du corps, capable d’aller-retours entre le « paradis » et les corps dans lesquels elle se réincarne.

Au fil des siècles toutes les sociétés humaines ont cherché à comprendre son origine et sa jonction avec le corps.

Sa connotation religieuse et son caractère évolué, imposent qu’on lui substitue « l’esprit » pour que les agnostiques et autres athées reconnaissent ainsi leur préférence. C’est aussi l’étape primitive de l’âme ou de la conscience, capable de s’enrichir de connaissances.

Les quelques exemples qui suivent donneront un aperçu de la perception qu’en avaient des esprits brillants, sans toutefois indiquer quand il apparaît en chacun de nous. Parler assurément d’esprit supposerait d’abord que l’on en connaisse l’origine. Au moment de la naissance ? Pendant le développement du fœtus ? Au moment de la rencontre du spermatozoïde avec l’ovule ? Au moment de la naissance de chacune de ces cellules …. ? Quand placer le « branchement » ou « l’allumage » de l’esprit de chacun ?

Nous ne savons pas non plus si l’esprit est une dotation limitée à certains hominidés, ni à quel moment dans l’évolution des espèces l’esprit s’est éveillé. Les bactéries qui seraient à l’origine de la vie sur terre, emportaient-elles déjà le « bagage » nécessaire ?…

Bien que l’esprit soit dépendant de la matière si l’on considère que sa réalité résulte de l’existence des êtres, la tentation est grande de lui trouver une autre source. Beaucoup s’y sont essayés. Quelques exemples permettent d’apprécier les hypothèses suscitées par cette curiosité « vivante », si tout ce qui est, est vivant. L’esprit (conscience) qui commande aux sens du corps humain, est-il le même que celui qui écoute et comprend des commentaires spirituels et encore le même qui conçoit des idées abstraites ?

Tentant d’y répondre,

Platon déjà définit l’âme comme une « réalité divine  qui se réincarnerait dans d’autres corps». Il pointe son immatérialité, avec un degré intrinsèque à l’homme pour l’animation du corps.

Aristote, comme les monistes qui croient que tout ce qui existe est lié, considère lui que  « …l’âme est quelque chose d’uni intrinsèquement au corps  ». Il la positionne donc et nous laisse en déduire qu’elle est issue de la matière humaine. Sans chaire, pas d’âme.

Virgile, poète romain plus prosaïque, décèle une caractéristique à « … l’âme (qui) aurait un sexe et qui en changerait souvent ».

Ibn Sina (Avicenne) trouve deux intellects. L’Intellect Matériel (« l’esprit »), incapable d’abstraction et d’imagination en ce qu’il n’est que le réceptacle de la volonté divine et (rejoignant sur ce point Platon) « …capable de recevoir l’Illumination de l’Ange (*)» qui active la connaissance prenant ainsi une autre dimension, il devient l’Intellect Agent.

(*) L’Ange étant en contact avec le Plérôme (monde céleste parfait).

Ibn Rushd (Averroès) considère l’âme avec plusieurs compartiments. « L’Intellect Agent qui anime l’Intellect Possible » pouvant être séparé du corps, source des idées et du traitement des connaissances. Il parle d’un « … Intellect Commun pour tous ». L’Intellect Patient traitant lui les données sensorielles de l’individu.

Thomas d’Aquin, réfute la possibilité d’une connexion divine avec l’âme au motif que la volonté des hommes et leurs fautes seraient alors imputables à Dieu.

 

Les holistes développent une «Théorie selon laquelle l'homme est un tout indivisible qui ne peut être expliqué par ses différentes composantes (physique, physiologique, psychique) considérées séparément».

 

Les explications et leurs objections jonchent les siècles et les sociétés humaines…

Plus récemment, les médecins, psychiatres et autres spécialistes se contentent eux, d’observations cliniques réalisées auprès de sujets approchant la mort ou revenant d’un « arrêt de vie ». Ils racontent l’état intellectuel des sujets ayant vécu ces moments. Leurs conclusions semblables conduisent à la survivance d’un état psychique après la mort, alimentant le point de vue de ceux qui supposent que la conscience existerait indépendamment du corps.

Ainsi, de nombreuses appréciations laissent entendre le caractère possible de l’extra-corporalité de l’esprit comme le propose l’ousiologie (science métaphysique) qui distingue l’existence concrète de celle abstraite.

Loin des considérations ésotériques religieuses ou médicales, des physiciens aujourd’hui plantent pourtant un décor de la même veine en ce qu’ils distinguent la conscience, du réel (matériel).

Après André Comte-Sponville qui affirmait en 1994; « la théorie de la relativité ne saurait annuler le présent, ni faire être ce qui n’est pas ou plus. Le présent seul est réel … L’instant, bien précisé, reste un absolu », l’intéressant Philippe Guillemant du CNRS (https://youtu.be/WjkA36qOQdU), nous apprend lui autre chose et aborde la conscience sous un angle inhabituel. Ignorant tout d’elle, elle serait cependant la source de tout.

Il avance que « … la matière est essentiellement composée de vide, que les modèles mathématiques nous disent qu’on n’a pas à faire à de la matière mais à des vibrations principalement et qu’en physique, personne n’a compris ce qu’était le temps. ….  Ils ne savent pas à quoi sert le présent, certains pensent qu’il n’existe que parce qu’il est lié à la conscience. Dans le monde quantique, les objets n’existent pas dans le temps ni dans l’espace, le temps n’existe pas. Ainsi l’existence est ramenée à la conscience (la réalité) … dont personne ne sait ce que c’est ».

« … de nombreux et illustres physiciens prétendent que notre réalité est créée par la conscience émanation du cerveau, et Thibaud Damour de l’académie des sciences prétend que la mort est une illusion, la notion de réel est créée par l’esprit humain dont on ne connait pas l’origine. La conscience résultant de l’esprit humain, accumule des informations. Il n’existe pas de réalité en dehors de notre conscience qui fabrique l’espace et le temps. »

Le temps est passé vite en physique.

Pour hypothéquer ces théories scientifiques dont il est la racine pour beaucoup, Einstein avait envisagé  « … comme parfaitement possible que la physique peut ne pas être fondée sur la notion de champ, c’est à dire sur des éléments continus. Mais alors il ne resterait de tout mon échafaudage, y-compris la théorie de la gravitation et aussi de la physique actuelle, pratiquement rien. »

Insensible à ces considérations, l’intelligence artificielle nous prépare la conscience artificielle. Saura-t-elle nous dire d’où elle vient ?

 

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