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L'apostilleur

Ne pas rire (se moquer), ne pas déplorer, ne pas détester mais comprendre (Spinoza)

La GPA, c’est l’exploitation de l’Homme par l’homme riche.

   Depuis la nuit des temps la misère des uns conduisait les hommes à prendre  en charge par différents moyens au gré des époques, les enfants privés de parents et de famille. Cet acte de charité organisée, conduisit au XXe s. au principe de l’adoption qui devint le moyen de concilier cet altruisme élevé pour les familles avec enfants qui en adoptaient d’autres, et le désir d’enfant pour celles qui en était privées par la nature. Personne ne trouvait à y redire au contraire.

 Aujourd’hui, les activités de la GPA entrent en concurrence avec les orphelinats et les éprouvettes avec les enfants abandonnés.

Ses défenseurs, moins sensibles aux conséquences qu’à la cause, proposent cette voie pour répondre au besoin d’enfant. (Dans la Genèse, Sarah stérile demande à Abraham de s’unir à son esclave, espérant par elle avoir des enfants. Une trace archéologique confirme la réalité de cette pratique chez des juifs en Egypte au IVe s. avJC.)

Chacun pouvant bien comprendre ce profond manque qu’est l’absence d’un enfant dans une vie. La GPA nourrit néanmoins bien des questions quant à cette pratique destinée aux plus pourvus.

La médecine progresse et se trouve de nouveaux marchés ; la GPA en est un. C’est l’occasion de constater encore qu’en parallèle des progrès de la médecine, gravitent des centres d’intérêts moins élogieux. Nier l’aspect mercantile de la GPA est une hypocrisie détournée par ses adeptes au motif que son objet est des plus précieux. Il n’en reste pas moins que sans argent, pas d’enfant. Ce qui reste l’obstacle de la quasi-totalité de l’humanité incapable de payer les montants à engager pour une GPA, caricaturalement inégalitaire. Sauf si la Sécurité Sociale prenait en charge ces prestations, immense espérance de la filière qui la conduirait au jackpot et qui deviendrait probablement réalité si sa légalisation était actée. Dans cette hypothèse, y aurait-il assez de mères volontaires pour porter les enfants des autres ?

En attendant, le caractère commercial de la GPA est tabou comme tout ce qui touche à la santé en général, ce qui n’empêche pas les leaders d’opinion de monter au créneau, respectant les principes marketing de tout lancement de produit.

Les pro GPA et leurs juristes ne manquent pas d’expliquer le contexte contractuel qui entoure la pratique, garantissant ainsi aux intervenantes le paiement de leur sacrifice qui représente moins de vingt pour cent des sommes engagées. L’essentiel du budget étant reversés aux contributeurs médicaux, frais et autres assurances.

Si l’idée de commerce heurte à juste titre la pratique, il conviendrait alors d’entendre les mères porteuses qui acceptent ce dévouement pour d’autres motifs que l’argent qu’il procure, s’il y en a suffisamment, pour se forger un autre jugement. En attendant, on perçoit avec tristesse une similitude entre celles qui louent leur ventre pour ces motifs et ceux qui vendent leurs organes ? Ces mêmes actes perpétrés généreusement n’entreraient pas dans le cadre de ce qui nous occupe ici et mériteraient d’autres réflexions.  

Satisfaire son désir ou son besoin d’enfant par la GPA ressemble à un acte égoïste qui priorise son envie au détriment de l’avenir d’une « mère » qui aura fait une parenthèse de neuf mois et plus dans sa vie. Quelles en seront les conséquences pour elle ?  Ce sujet n’est pas abordé, probablement parce qu’il est moins rose que le tableau présenté si l’on en juge par ce que proposent les contrats des juristes prévoyants. Une clause laisse deviner la suite et, destinée à la mère porteuse, stipule dans leurs contrats de GPA: « … sur le plan psychologique, il est d’usage de lui payer une thérapie de suivi pour l’aider à surmonter le processus vital de porter dans son utérus l’enfant d’une autre personne. »

Pourquoi n’entend-on jamais les « mères porteuses » défendre ces pratiques ? Celles qui s’expriment rarement parlent « …de la maison qu’elles pourront s’acheter », ou on apprend qu’elle « en rêvait depuis l’âge de 12 ans. ». Ces opinions à priori seront-elles confirmées plus tard lorsqu’elles seront en mesure de parler peut-être, de la trace indélébile dans leur conscience de ces mois de location dont le vrai prix pourrait n’être connu qu’alors ?

Les femmes qui acceptent ces « prestations » mériteraient d’être entendues, comme leurs familles et leurs proches, aujourd’hui et plus tard. Ces témoignages et ces retours d’expériences devraient prévaloir dans cette affaire et pas l’inverse. 

Ici et là, des débats pour ou contre la GPA animent des partisans qui se distribuent des noms d’oiseaux notamment à l’endroit des opposants catalogués de réactionnaires, conservateurs heurtés, bourgeois passéistes, intégristes et autres. On a vu Murielle Robin inconsistante, vociférer contre son détracteur « pour la forme » de ses propos chez Ruquier, édulcorant le fond qu’elle avouait ne pas connaître…  Ces anathèmes ne servent pas la cause des auteurs. Les opinions agressives ne sont qu’une manifestation de la force, pas de la raison.

Le contexte bobo du débat public ne fait qu’effleurer la conviction des « français normaux » tant les circonstances exposées leurs sont inaccessibles; difficultés d’accès au processus, voyages à l’étranger, coût de la GPA, difficultés juridiques…  Le microcosme des ayants eu droits semble vouloir s’attribuer des droits au motif du fait accompli, que le droit ne leur donne pas et en ignorant ceux des autres.

Laisser défendre la GPA par ses bénéficiaires ou leurs sympathisants communautaires n’est pas de nature à convaincre sereinement. On n’écouterait pas les défenseurs de la peine de mort s’ils étaient bourreaux.

On laissera donc maintenant l’adoption aux altruistes et aux plus modestes, à condition qu’ils ne le soient pas trop.

La GPA, c’est l’exploitation de l’Homme par l’homme riche.

Son contraire, des femmes riches portant l’enfant de gens pauvres, n’est pas pour demain.

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