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L'apostilleur

L'apostilleur

Ni dogme ni esprit partisan, juste le contraire

Burkini: le paradigme des constitutionnalistes révolutionnaires de 1791 n'avait pas intégré …. l'immigration religieuse.

Les manifestations en France des expressions musulmanes sont là, comme un révélateur de l'importance de cette communauté de croyants dont le nombre n’a cessé d’augmenter en quelques décennies.

Une fois encore la laïcité subit les turbulences musulmanes que l'on découvre avec le burkini cette fois-ci. Quand certains y voient une expression religieuse ostentatoire et souhaiteraient davantage de discrétion, d'autres revendiquent des libertés individuelles. Quelques années en arrière ce débat n'aurait pas dépassé les joutes de quelques intellectuels impliqués ; il devient national. Pourquoi ?

Aujourd'hui, cette manifestation d'origine religieuse, apparaît pour certains, après les récentes violences islamiques, comme une provocation de la part d’individus qui souhaitent imposer des comportements communautaristes au sein d’une société laïque meurtrie, fondée sur les valeurs grecques, romaines et chrétiennes (dire cela n’a pas d’autre objet que de rappeler la réalité culturelle historique de l’Europe).

Elle secoue une importante proportion de français qui perçoivent ces événements comme un besoin identitaire de la communauté musulmane. À l'évidence le moment est mal choisi et si certains imams bien que bien intentionnés minimisent l'événement, ils ne le condamnent pas. Pas plus que certains ministres qui interprètent la législation actuelle où se réfugient derrière elle pour ne pas se prononcer sincèrement.

De son côté, après la décision du Conseil Constitutionnel, le CFCM (conseil français du culte musulman) « … se félicite de la victoire du droit », ce qui revient à prendre position en faveur du burkini au nom de l’islam en France. Nous ne sommes donc pas en présence de quelques individus provocateurs ou extrémistes mais en face d’une pratique possible de l’islam en France. Nul doute ainsi que ces burkinis sont des coups de boutoirs religieux destinés à la laïcité qui font suite à la burka notamment et annonciateurs de prochains à venir.

Ceci étant, une partie importante de français s’irrite de ces manifestations musulmanes de plus en plus apparentes et fréquentes. Bien que la constitution donne toute liberté à l'exercice de cette religion, certaines de ses expressions développent un sentiment antimusulman. Dans ces conditions, ne serait-il pas préférable d'entourer de discrétion la pratique de l'islam en France et de considérer l’opinion des non musulmans pour son exercice ? Cette démarche pourrait être initiée par le CFCM, même si sa représentativité n'est que relative, pour preuve d'une volonté d'intégration des musulmans dans une société qui ne l'est pas, en s'opposant aux vêtements dogmatiques et aux idées qu'ils sous-tendent. Le voudra-t-il ?

L’appel au droit constitutionnel parfaitement fondé sur le fond, n’en reste pas moins un acte provocateur en soi, manifestant ainsi la volonté d’imposer une pratique malgré qu’elle incommode d’autres français.

L'implantation d'une autre religion, justifiée par un grand nombre de croyants dans une Europe catholique depuis plus de mille ans, générera fatalement des grincements que les principes mêmes constitutionnels ne suffiront pas à empêcher. L’ignorer n’est pas responsable.

Si les non musulmans doivent faire preuve de tolérance, tous les musulmans doivent faire l'effort d'une pratique religieuse adaptée. Ce n'est pas en sollicitant le Conseil Constitutionnel pour imposer le burkini que les tensions disparaîtront.

Le débat n’en finit pas parce qu’il est faussé par l'hypocrisie qui l’entoure.

D’une part on évoque l’ordre public et de l’autre la liberté individuelle qui ne sont que deux aspects d’un enjeu plus difficile à expliciter, comme s'y est essayé Tarik ramadan dans l’émission On n’est pas couché, en disant aux français à propos des musulmans « … ils sont intégrés (ndlr eux) c’est à vous de les intégrer », et donc de vous adapter… C'est le véritable coeur du débat.

Évidemment il n'y a pas eu de trouble à l'ordre public, c'est l'expression de la religion musulmane qui est visée dans la mesure où on attend d'elle une discrétion identique aux autres religions. L'islam porte dans ses pratiques des manifestations qui dévoilent une origine culturelle différente de celle qui prévaut en Europe et à ce titre doit les adapter pour exister en harmonie. Et non l'inverse.

L'initiative des maires doit être considérée comme le reflet du sentiment d'une part importante de la population que l'État ne peut ignorer sans risque. Le père jésuite Henri Boulad, que le Pape pourrait ne pas approuver, développe néanmoins une opinion bien tranchée à propos des sentiments de certains quant aux limites de l'immigration qui resurgit dans ce contexte.

(cf. YOUTUBE https://gloria.tv/video/MFNRmadFRu15J68wG2SGjKFuh)

En sommes nous déjà arrivés là ?

Ne pas légiférer pour éviter «… d’irréparables tensions » (qui impacteraient la minorité musulmane) indique le ministre de l’intérieur. Et ne rien faire, n’est-ce pas laisser la porte ouverte à d’autres manifestations des pratiquants islamiques et laisser une majorité de la population avec ses tensions ?

Face à l’évidente non constitutionnalité d’une loi aujourd'hui, et aux enjeux nationaux, une action des responsables politiques s’impose pour sauver la laïcité. Les " techniciens-conseils" du droit n’ont pas à s’immiscer dans la réflexion qu'ils faussent par des interprétations mécaniques des règlements quand la solution nécessite une vision politique de la société. Le législateur n'est pas dépositaire de la volonté publique, il devra la suivre.

Le paradigme des constitutionnalistes révolutionnaires n'avait pas intégré l'immigration religieuse. La constitution française ne doit pas être immuable, elle doit privilégier la cohésion nationale et s’adapter s’il le faut. Tout retard en la matière aura des conséquences d’autant plus graves qu’elles auront laissé le malaise s’installer.

Lénine aurait dit: « les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons ». Il ne faudrait pas que la constitution donne cette corde aux adversaires de la laïcité.

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