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L'apostilleur

L'apostilleur

Ni dogme ni esprit partisan, juste le contraire

Le "populisme". Une aubaine pour les partis politiques traditionnels.

Le "populisme".  Une aubaine pour les partis politiques traditionnels.

Le ‘’populisme’’.

Une aubaine pour les partis politiques traditionnels. Faut-il s’en inquiéter ?

Il permet d’englober différents partis sous une même appellation fourre-tout. Il est octroyé aux partis d’extrême droite en Europe, d’extrême gauche mais aussi aux partis ni de droite ni de gauche.

Si son intention est inspirée de Solon, père de la démocratie au VIe s. à Athènes, quand il attribue au peuple le pouvoir d'élire les magistrats et de vérifier leur gestion, il doit être respecté. Mais il est généralement discrédité par l’association induite que font ses utilisateurs avec des théories qui le sont moins.

Sans définition précise, il s’utilise comme un générique politique facile.

Le « populisme » à une connotation péjorative, il est souvent marginalisé dans le camp des extrêmes, on l’éloigne du champ des partis traditionnels et des points de vue « bien-pensants ». Les partis, dits populistes, trouvent des alliances de circonstance parfois contre nature pour exister et affectent la clarté de leurs positionnements. Le « Mouvement 5 étoiles » italien "ni de droite ni de gauche" siège au Parlement européen, avec Nigel Farage, le britannique ‘’xénophobe et anti-européen’’. Si ces partis et ces mouvements aux objectifs différents se retrouvent sous cette même appellation, cela met en évidence que le populisme n’est pas une idéologie, mais un moyen de mise en œuvre des volontés populaires dans un cadre démocratique.

Le populisme a mauvaise presse.

Manuel Walls le 3/06/2016 à Strasbourg nous dit que « le djihadisme et le populisme s’alimentent l’un l’autre ». Mais il attribue, ici, ce substantif à « des partis d’extrême droite ». Cet amalgame voulu, contribue à discréditer le populisme et donc les mouvements et partis diffusément désignés.

Curieusement, cette appellation n’est jamais revendiquée par les destinataires, on n’a jamais entendu un représentant politique d’où qu’il soit s’intituler « populiste ». Elle est distribuée ici et là sans distinction. BEPE GRILLO (co-fondateur du Mouvement 5 étoiles) s’amuse de ce qu’on traite son mouvement de populiste, car dit-il, cela lui semble cohérent avec son objectif « …la démocratie directe ».

Par ailleurs, le populisme n’est pas souhaité par les partis traditionnels pour eux-mêmes qui y voient probablement une entrave potentielle à leur liberté de fonctionnement une fois élus et une remise en cause possible du pouvoir de certaines institutions. Cette idée, d’un pouvoir participatif du peuple, semble effectivement superflue dans une démocratie vivant de ce syllogisme simpliste ; les élections sont démocratiques, les élus représentent le peuple, l’exécution du pouvoir correspond donc à ce qu’attend le peuple.

L’utilisation de l’exutoire "populisme" sert donc autant à écarter les forces politiques concurrentes qu’à éviter d’être contaminé dans son propre parti. Pourtant, qu’elle incompatibilité y aurait-il au PS ou chez Les Républicains, à introduire davantage de démocratie participative ? Quelle figure de ces partis pourrait nous expliquer pourquoi s’y opposer?

Sauf que les démocraties se sont organisées de telle sorte que les partis politiques, ses piliers, peuvent évoluer au sein d’institutions dont ils ont seuls le contrôle une fois élus et dont les dérives sont critiquées sans effet depuis de nombreuses années ; les élites fonctionnent entre elles. A cela s’ajoute la nébuleuse que représentent les institutions européennes dont les vues échappent à la perception des citoyens européens.

D’initiative populaire, le populisme n’est pas une idéologie portée par des citoyens, il apparaît sous différentes formes pour différentes causes, c’est une réaction provoquée par les carences, les dysfonctionnements et la corruption des élites et des institutions. Solon encadrait le pouvoir des élites, c’est ce qui fait défaut aujourd’hui. Cela conduit certains à vouloir les remplacer à défaut de pouvoir les contrôler.

En France, les critiques envers les institutions, sont sévères et suscitent des réactions populistes sans qu’il soit nécessairement question de xénophobie ou de régime autoritaire. Quelques reproches récurrents les alimentent :

  • Le Sénat « …trop vieux, trop riche, trop éloigné des Français.. » dont le mode de désignation était critiqué par Lionel Jospin qui ajoutait "Le Sénat serait une anomalie parmi les démocraties !"…
  • L’Assemblée Nationale, pourtant composée d’élus, cumule paradoxalement les motifs de non représentativité, indépendamment de la non proportionnalité. Quelques chiffres sont évocateurs ; 45% issus de la fonction publique, 26% de femmes, 0,35% de moins de 30 ans. On pourra trouver de bonnes raisons pour les expliquer quand d’autres sont majoritairement rejetées par les français ; le nombre pléthorique non justifié des députés, l’absentéisme…
  • Les élites et leurs privilèges; le cumul des mandats, les régimes indemnitaires cumulatifs des élus, le manque de transparence quant à l’utilisation des fonds, la modification de leurs allocations chômage votée par eux-mêmes, le maintien dans l’hémicycle de députés ayant un casier judiciaire ce qui ne les empêche pas de se présenter à une élection, (alors que l’accès à un emploi dans la police ne leur serait pas possible et qu’une hôtesse chez Air France perdrait son emploi) etc. Les régime avantageux des élites de la République se différencie de celui des citoyens qui le finance..
  • La liste est trop longue.

Ces complaisances qu’ils s’autorisent, contrastent avec l’irréprochabilité attendue et provoquent ces réactions populaires.

Les populistes, les partisans de la VIe République, de la démocratie directe … sont des mouvements en réaction ayant pour une part les mêmes causes.

Les carences de ce système vieillissant aux pouvoirs trop concentrés expliquent que certains à gauche (au PC, au PS chez les Verts...) envisagent la VIe République. Les motifs d’insatisfaction des électeurs se multiplient, ils cherchent une nouvelle voie pour se faire entendre. Le constat d’un pouvoir qui dégénère avec ses abus non refrénés indispose profondément les citoyens.

Le succès de ces idées vient de ce que le peuple est écarté du pouvoir dès lors que les élections ont eu lieu et qu’il n’accepte pas les conditions critiquables dans lesquelles il s’exerce ensuite.

Le populisme ne disparaîtrait-il pas si une représentation populaire indépendante des partis et des institutions était en capacité de contrôler les élites et leurs décisions ?

En attendant, quelles solutions ?

A Rome, après plus de vingt années ininterrompues de scandales financiers et d’affaires de corruption, les électeurs ont tranché avec l’élection de la nouvelle maire Virginia Raggi. Son mouvement catalogué "populiste" est aujourd'hui aux commandes.

Après Athènes, Rome nous montrera-t-elle le chemin à suivre ?

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